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FAQ

Centrales et réacteurs

En matière de sûreté, quels sont les grands objectifs du projet EPR ?

Même si la sûreté des réacteurs aujourd'hui en exploitation en France est jugée satisfaisante, le projet EPR (European Pressurized Water Reactor) vise à atteindre des objectifs de sûreté supérieurs. La conception du réacteur EPR doit permettre de :

- diminuer le nombre d'incidents,
- réduire le risque de fusion du coeur,
- éliminer les situations de fusion de coeur pouvant conduire à des rejets radioactifs précoces et importants,
- gérer les autres situations avec fusion du coeur de telles sorte qu'elles ne requièrent que des mesures de protection des populations très limitées en termes d'étendue et de durée.

Enfin, du fait de l'expérience acquise sur les réacteurs en exploitation, le projet EPR prévoit d'améliorer de manière significative la radioprotection des travailleurs.

Qu'est-ce qu'un accident grave ?

Un accident grave aurait pour origine un défaut de refroidissement du coeur par l'eau, qui ne permettrait plus d'évacuer la puissance produite dans le réacteur, y compris après l'arrêt de la réaction en chaîne (puissance dite résiduelle). En une à quelques heures, à la suite de défaillances multiples humaines ou matérielles, une dégradation du combustible puis une fusion du coeur pourraient survenir. Des phénomènes complexes se dérouleraient, dont l'impact dépendrait des conditions initiales de l'accident et des actions des opérateurs.

Qu'est-ce que le risque de criticité ?

Le risque de criticité, c'est-à-dire de déclenchement intempestif d'une réaction neutronique en chaîne, est présent à toutes les étapes du cycle du combustible (enrichissement de l'uranium en uranium 235, entreposage, transport, valorisation des matières issues du traitement des combustibles usés, entreposage des déchets produits).
Un accident de criticité se traduit par un dégagement d'énergie, essentiellement sous forme de chaleur, accompagné d'une émission intense de rayonnements neutroniques et gamma.
La prévention du risque de criticité consiste à déterminer des conditions permettant d'assurer la sous-criticité lors des opérations mettant en oeuvre des matières fissiles. Par ailleurs, afin de connaître les conséquences pouvant résulter d'un accident de criticité, l'IRSN mène des études et des recherches pour disposer d'outils de calcul performants, avec le meilleur degré de qualification possible.

Les centrales rejettent-elles de l’uranium ?

Une centrale produit des déchets radioactifs solides, liquides et gazeux issus de la fission de l’uranium. En marche normale, elle en rejette en très faible partie ; elle ne rejette pas d’uranium.

Le projet EPR, lancé en 1993, tient-il compte des récents évènements (attentats, canicule, inondations, séismes...) ?

Ambitieux dès le départ, les grands objectifs de sûreté d\'EPR n\'ont pas fait l\'objet de remises en cause depuis. Cela ne signifie pas que le projet n\'évolue pas. Il profite en effet du retour d\'expérience d\'exploitation des réacteurs actuels et intègre au fur et à mesure les améliorations jugées nécessaires. Ainsi, les analyses menées à la suite de l\'inondation de la centrale du Blayais, de la canicule de l\'été et les mesures qui ont été prises ou sont prévues sur les réacteurs existants seront transposées dans la conception d\'EPR. L\'événement du 11 septembre a suscité également de nouvelles études. Ainsi, les structures de protection externe des bâtiments abritant le réacteur, le combustible et les systèmes de sauvegarde seront renforcées au-delà de ce que prévoyait initialement le projet.

Comment fonctionne un réacteur ?

Un réacteur est une machine qui produit de la chaleur en cassant les noyaux des atomes du combustible dans une grosse cuve (fission nucléaire). De l’eau sous pression évacue la chaleur produite en créant de la vapeur qui active une turbine entraînant un alternateur produisant, au final, du courant électrique.
Le combustible du réacteur est un oxyde d’uranium 235 dont les noyaux peuvent assez facilement se casser pour libérer beaucoup de chaleur mais en créant aussi des déchets dont certains sont très radioactifs.

Une centrale peut-elle exploser ?

Non. Les centrales nucléaires françaises sont conçues pour ne pas pouvoir exploser. Par contre, un accident serait possible si toutes les procédures de sécurité étaient violées et si les systèmes de sûreté n’étaient pas fiables.
Le cœur des centrales pourrait fondre sous l’action de la chaleur intense dégagée par des réactions de fission incontrôlées : ce qu’on appelle le Syndrome chinois, d’après le film du même nom.

Quels sont les risques effectifs des centrales en France ?

Il est évident que toutes les dispositions techniques sont prises pour éviter un accident (qui serait dangereux et coûteux). La façon dont fonctionnent les centrales françaises interdit l’emballement de la réaction de fission et l’explosion du réacteur.
Par contre, le circuit d’eau du réacteur peut se rompre et, malgré l’enceinte de confinement, l’eau légèrement chargée en éléments radioactifs pourrait alors se répandre dans l’atmosphère (sous forme de vapeur) ou dans les rivières alentour. Dans les cas les plus graves, le combustible pourrait fondre et libérer dans l’environnement des produits très radioactifs.
Une panne électrique peut survenir qui paralyse le réacteur et ses systèmes de sécurité. Les circuits électriques sont donc multiples et indépendants. Les séismes, les attentats ou les chutes d’avions sont des événements peu probables qui sont pris en compte dans la conception de la centrale et pendant son exploitation.
Il faut noter qu’en France, il n’y a jamais eu d’accident grave sur les centrales nucléaires ayant des conséquences radiologiques sur les populations environnantes. De gros efforts sont faits par l’exploitant (EDF) pour toujours améliorer la sûreté et la fiabilité des réacteurs. Mais il ne faut pas oublier que le risque zéro n’existe pas.

Quelle est la durée de vie d’une centrale ?

Les centrales françaises ont été construites et autorisées à fonctionner pour une période de 25 ans. Leur fonctionnement actuel pourrait éventuellement leur permettre de dépasser largement cette durée. Il se peut donc que leur exploitation s’étende jusqu’à 40 voire même 60 ans (dans le cas des Etats-Unis). La progression des techniques et la maintenance préventive des centrales ont permis de les améliorer pour qu’elles continuent à fonctionner avec le même niveau de sûreté.

Qu’est-ce que la fusion nucléaire ?

La fusion est une autre façon de produire de l’énergie à partir des noyaux des atomes. Si la fission (éclatement d’un gros noyau en petits) est déjà utilisée dans tous les réacteurs civils, la fusion (réunion de deux noyaux pour en donner un plus gros) n’est maîtrisée qu’en laboratoire ou dans des machines expérimentales. Historiquement, la fusion a permis de fabriquer des bombes thermonucléaires à hydrogène. Les recherches menées depuis 50 ans n’ont pas encore permis de concevoir un réacteur capable de produire du courant électrique. Avec l’utilisation d’hydrogène comme combustible, la fusion est synonyme d’énergie abondante et moins polluante. Mais les programmes de recherche actuels prévoient encore au moins 40 ans de travail…

Pourquoi les centrales sont-elles toujours proches d’une source d’eau ?

Les centrales nucléaires REP produisent de l’eau chaude. L’eau qui extrait la chaleur de la cuve du réacteur est radioactive (circuit primaire), et ne peut jamais être mise en contact avec l’eau propre qui va faire tourner les turbines (circuit secondaire). Entre ces deux circuits un échangeur de chaleur étanche permet à la seule chaleur de passer de l’un à l’autre. Or, l’échange de chaleur est d’autant meilleur que l’eau qui arrive du circuit secondaire est froide. On cherche donc à refroidir l’eau qui a déjà fourni une grande partie de sa chaleur aux turbines. La présence d’une rivière, d’un fleuve ou de la mer, capable de refroidir très vite cette eau sans s’échauffer beaucoup, est nécessaire.

Le radon

Qu’est-ce que le radon ?

C'est un gaz radioactif inodore et incolore d'origine naturelle issu de la désintégration du radium et de l’uranium contenu dans les sols. Le radon est un des agents responsables du cancer du poumon, toutefois bien loin derrière le tabac.

Comment faire diminuer le taux de radon dans mon habitation ?

Soit en améliorant l’aération de son habitation (ouverture fréquente des fenêtres ou en mise en place d’un système de ventilation mécanique), soit en augmentant  l’étanchéité du bâtiment par rapport au sol (colmatage des fissures et des passages de canalisations avec des résines, pose de membrane sous la dalle béton,…).

Comment puis-je savoir si mon habitation contient du radon ?

Dans une habitation particulière, le dépistage du radon peut être fait à l'initiative de l'occupant. Il peut le réaliser lui-même, en se procurant un dosimètre auprès de l’une des sociétés qui les commercialise, ou faire appel à un professionnel. En l’absence de réglementation pour les habitations privées, le niveau d’action, de 400 Bq.m-3, fixé par la réglementation pour les lieux ouverts au public est généralement pris comme référence.
En savoir plus

Radioprotection de l'Homme

Mon corps est-il radioactif ?

Oui. Dans le corps humain, une faible proportion d’un élément comme le potassium est naturellement radioactif. Dans les aliments que l’on mange quotidiennement, dans certaines eaux minérales, il y a aussi des radioéléments. La radioactivité, c’est naturel !

A-t-on assez de recul pour analyser les effets biologiques de la radioactivité artificielle ?

Les premiers travaux approfondis sur les conséquences d’une irradiation importante ont débuté avec le suivi des victimes d’Hiroshima. Ils ont montré le développement de cancers au sein de cette population. Depuis, de nombreuses études biologiques ou écologiques ont été menées, et notre connaissance des effets sur l’homme ou sur l’environnement (flore et faune) ne cesse de s’accumuler. Pourtant de nombreuses questions restent sans réponses, comme celle des effets des faibles doses.

A quoi sert un télémanipulateur ?

Manipuler à distance des produits radioactifs est une nécessité pour ne pas mettre en danger la santé des opérateurs. Un télémanipulateur est un bras robotisé commandé à distance par un opérateur qui, posté derrière un vitrage de protection ou un écran de contrôle, à l’abri des rayonnements, peut travailler sur des produits radioactifs.

Comment contrôler la radioactivité ?

La radioactivité est imperceptible pour nos sens (vue, odorat, ouïe…) mais pas pour des appareils spécialisés. C’est ainsi que les chercheurs ont mis au point toute une panoplie de détecteurs (film qui se voile ou compteur Geiger qui crépite…) sensibles aux différents types de rayonnements radioactifs.
Des analyses sont régulièrement effectuées dans l’environnement (rivière, mer, air, terre), non loin des sites nucléaires, et la santé des travailleurs de cette industrie est régulièrement surveillée.

A partir de quelle dose a-t-on un cancer ?

Il n’existe pas de dose de rayonnements à partir de laquelle l’individu exposé développe automatiquement un cancer radio-induit. Par contre, un individu exposé aux rayonnements possède une probabilité de développer un cancer et cette probabilité augmente avec la dose reçue. L’iode radioactif peut induire un cancer comme celui de la thyroïde. Ce cancer se soigne relativement bien.

Stockage

Les centres de stockage sont-ils sûrs ?

Les centres de stockage en surface, réservés aux déchets à durée de vie relativement courte, sont construits dans des régions où les risques sismiques sont très faibles. De plus, la construction des alvéoles de stockage, leur remplissage, leur traitement ultérieur avec une couverture végétale et leur surveillance pendant au moins 300 ans les rendent sûrs pendant cette période.
Les centres de stockage en profondeur étudiés actuellement, destinés aux déchets à vie longue, ne sont choisis qu’en terrains stables depuis des millions d’années.
Même avec des scénarios très pessimistes, les risques de contamination de l’homme restent toujours négligeables.

Quel est l’impact des déchets sur les générations futures ?

Les déchets radioactifs à longue durée de vie sont les plus problématiques car ils vont rester dangereux pendant des siècles. Il faut leur trouver un mode de gestion sûr qui n’ait aucun impact sur les générations futures. Parmi les solutions étudiées figurent celle d’un stockage en profondeur, dans des terrains très stables.
Il serait souhaitable qu’un tel stockage soit réversible pour laisser la possibilité à nos descendants d’aller rechercher ces déchets pour les transmuter, réduire ou annuler leur radioactivité si la technologie future le permet.

Tchernobyl

Où se trouve Tchernobyl ?

Tchernobyl est une petite ville située en Ukraine à environ 140 km au nord de la capitale, Kiev. La centrale nucléaire était à quelques kilomètres de Tchernobyl. Les personnels de la centrale vivaient à Prypiat, une ville nouvelle du nom de la rivière qui refroidissait la centrale. Cette ville comptait quelque 45 000 habitants au moment de l’accident.

Que s’est-il passé à la centrale de Tchernobyl ?

Le réacteur 4 a explosé à 1h23 du matin, le samedi 26 avril 1986.

Quand s’est-on aperçu de la catastrophe ?

Immédiatement sur le site. Mais les autorités soviétiques n’ont pas informé les autres pays. C’est ainsi que les européens ne l'ont appris que deux jours plus tard. Ainsi, par exemple, des ouvriers de la centrale nucléaire suédoise de Forsmark ont été détectés positifs à leur prise de service, le matin du lundi 28 avril 1986. Après examen, il est apparu qu'il ne s’agissait pas d’une fuite locale mais d’un accident en Ukraine.

Y a-t-il eu un procès ?

Oui. Les autorités soviétiques ont tenu un procès où furent condamnés le directeur de la centrale, son adjoint qui aurait dû vérifier les manœuvres qui ont mené à l’accident, l’ingénieur responsable du réacteur 4 cette nuit du 26 avril, ainsi que le chef de quart et le chef de l’atelier réacteur.

Combien cette catastrophe a-t-elle coûté à l’URSS ?

Les chiffres publiés ont varié de 2 milliards de roubles en 1986 à 17 milliards de roubles en 1991. Ces chiffres couvriraient les interventions, la perte de production pour le secteur électrique et les coûts sanitaires. Il est délicat de traduire les roubles d’il y a vingt ans en euros d’aujourd’hui, mais l’ordre de grandeur pourrait être de 30 milliards d’euros de. Les chiffres présentés actuellement par les pays concernés sont d’une toute autre ampleur. Ils prennent en compte l’ensemble des actions de réhabilitation et de traitement des personnes concernées. La Biélorussie a estimé le coût à 235 milliards de $ sur 30 ans. L’Ukraine donne un chiffre de 201 milliards de $ sur cette période. Les chiffres de la Russie sembleraient avoisiner 20 milliards de $ sur une telle période. Ces trois estimations ne sont pas comparables entre elles. Mais elles permettent probablement de dégager un ordre de grandeur sur 30 ans entre 300 et 500 milliards de $.

Y a-t-il des risques en France d’un autre Tchernobyl ?

Il est très improbable qu’une centrale occidentale puisse exploser comme la centrale de Tchernobyl pour des raisons liées à la physique. De plus, l'explosion d'un autre réacteur RBMK est beaucoup moins probable qu’elle ne l'était en 1986. En effet, de nombreuses améliorations ont été apportées à ces centrales pour faire progresser la sûreté. Ces améliorations concernent les systèmes de sécurité des réacteurs, ainsi que leurs modalités d’exploitation et l’organisation du contrôle par les autorités.

Est-ce une faute humaine ?

Les autorités soviétiques ont essentiellement accusé les opérateurs et la direction de la centrale. Plus tard, dans le cadre de la politique d’ouverture du régime (la perestroïka), des responsables de la sûreté présenteront un tableau plus nuancé, suggérant que l’accident avait des causes « scientifiques, technologiques, socioéconomiques et humaines ». La conception même du réacteur présentait des fragilités de sûreté et la culture de sûreté était déficiente.

Y a-t-il toujours de l’uranium dans les ruines de la centrale, ou est-ce que tout a explosé au moment de l’accident ?

Une faible partie du combustible du réacteur 4 a été pulvérisée dans l’atmosphère. Le reste a été recouvert de quelque 5000 tonnes de matériaux divers : sable, dolomite, plomb, carbure de bore. Pendant dix jours, le graphite toutefois a continué de brûler. Les rejets qui ont contaminé de larges régions d’Europe sont des aérosols contenant notamment du césium radioactif. En refroidissant, l'ensemble a formé une lave appelée tchernobylite. Celle-ci s’est écoulée formant des « pattes d’éléphant ». Les trois autres réacteurs sont aujourd’hui arrêtés définitivement et sont en cours de démantèlement. Les combustibles usés sont stockés sur le site.

Transport

Un colis utilisé pour le transport routier de plutonium peut-il être sévèrement endommagé en cas d’accident, avec comme conséquence possible une fuite de plutonium ?

Les scénarios d’accidents élaborés par l’IRSN pour tester la résistance des colis correspondent aux situations réalistes les plus sévères susceptibles de survenir. En revanche, des scénarios très peu probables, comme la chute d’un avion de ligne sur un colis durant le transport, ne sont pas retenus pour les tests. Les colis sont néanmoins soumis à de très rudes épreuves :

- Chute de 50 mètres de hauteur sur une dalle en béton. Cela correspond à un choc à 113 km/h.
- Chute de 19 mètres de hauteur sur le fond de la cale d’un navire.
- Chute de 10 mètres de hauteur d’un colis sur un autre.
- Feu dont la température peut dépasser 800 °C pendant plusieurs heures représentatif d’un incendie survenant dans un tunnel.

Dans toutes ces situations, les colis de type FS47, utilisés pour le transport routier de plutonium, résistent à ces contraintes.

Que se passerait-il en cas d’attaque terroriste d’un transport routier de plutonium ?

Les mesures et dispositifs concernant la protection des transports de matières nucléaires - qui sont confidentiels pour des raisons évidentes - garantissent un très haut niveau de sécurité, notamment en cas d'attaques terroristes.
Ces mesures, de plusieurs natures, sont graduées en fonction de la matière transportée. S'agissant du transport de plutonium, elles sont du plus haut niveau de sécurité. Sans pouvoir entrer dans le détail, ces transports sont assurés par des camions spéciaux avec la présence permanente d'escorte de gendarmerie et en liaison constante avec les services du haut fonctionnaire de défense du ministère de l'Industrie.