Accueil  >  Paratonnerres radioactifs

Paratonnerres radioactifs

Situation réglementaire

Helita a billes model 32

Helita a billes model 32

Un arrêté du 11 octobre 1983, applicable au 1er janvier 1987, interdit l’emploi d’éléments radioactifs pour la fabrication, la commercialisation et l’importation des paratonnerres. Mais leur enlèvement n’est pas rendu obligatoire par cet arrêté.

1914, le paratonnerre à tête radioactive est breveté

Son principe de fonctionnement repose sur l’ionisation de l’air au voisinage de sources radioactives provoquée par les rayonnements alpha. Ceci augmenterait la probabilité d’amorçage électrique et le rayon de protection par rapport à une pointe métallique simple.

Le paratonnerre au radium a été commercialisé en grande quantité à partir des années 30, notamment par les marques françaises Helita, Duval Messien, Franklin France et Indelec. Le radium étant un radionucléide naturel, son emploi a échappé à toute réglementation en France jusqu’en. Il n’y a doncaucune information fiable sur le nombre de paratonnerres au radium fabriqués ou importés et commercialisés en France. Il est également impossible de déterminer le nombre de ces appareils encore en utilisation.

Paratonnerre radioactif

Paratonnerre radioactif

Le paratonnerre à l’américium a fait l’objet d’autorisations par la CIREA (Commission interministérielle des radioéléments artificiels) dans les années 1970. Comme pour d’autres utilisations (peintures luminescentes ou détecteurs de fuméeparexemple), l’emploi de radionucléides artificiels (donc soumis à la réglementation et à une certaine traçabilité) comme l’américium ou le tritium a été autorisé afin de faire reculer l’emploi du radium, même si la justification de l’emploi de sources radioactives dans des paratonnerres pouvait déjà être discutée. Dans cette logiquede privilégier des radionucléides artificielsetdonc réglementés (et généralement moins dangereux en termes de santé publique), la réglementation a fait l’objetd’adaptations spécifiques : nécessité d’obtention d’autorisation pour les fabricants et fournisseurs mais détention libre pour les utilisateurs. Cette dérogation par rapport au régime général d’autorisation, sans doute nécessaire pour contribuer àl’abandon du radium, a pour conséquence aujourd’hui un manque d’informations précises quant au nombre de paratonnerres à l’américium encore en utilisation en France. Les autorisations délivrées aux fournisseurs imposaient la tenue de registres (manuscrits à l’époque) des installations avec indication des acquéreurs, des lieux d’installation et des numéros des paratonnerres. Toutes ces autorisations ont été clôturées en février 1987 mais aucune obligation de démontage n’a jamais été définie depuis. Commepour les paratonnerres au radium, il est donc impossible d’avoir des données précises sur leur nombre actuel.


La situation actuelle

T�te de paratonnerre radioactif

Tête de paratonnerre radioactif

Plusieurs dizaines de milliers de paratonnerres radioactifs seraient toujours en service. Ce n’est qu’à l’occasion d’opérations d’entretien ou de démolition de bâtiments que les paratonnerres sont démontés. Ils doivent alors être considérés comme des déchets radioactifs et, à ce titre, être pris en charge par l’ANDRA. La brochure éditée par l’ANDRA en 1995(elle devrait prochainement faire l’objet d’une mise à jour) présente les principaux types de paratonnerres susceptibles d’être récupérés. Elle présente également avec précision la procédure à suivre pour récupérer les parties radioactives des paratonnerres et leur collecte par l’ANDRA. On notera en particulier que :

  • la procédure ne s’applique que pour les paratonnerres non détériorés et répertoriés dans la brochure. Pour tous les autres cas, il est demandé de contacter l’ANDRA qui indiquera la procédure à suivre ;
  • les opérations de démontage du paratonnerre, de séparation des parties radioactives, de leur mise en emballage restent à la charge etsous la responsabilité du demandeur ;
  • une mise en garde contre les risques d’exposition interne et externe est faite, mais il n’est pas spécialement demandé de faire démonter le matériel par des entreprises spécialisées.

 

L’ANDRA (andra) aurait déjà collecté au total environ 6000 têtes de paratonnerres (radium et américium). Dans son rapport sur l’inventaire des déchets radioactifs, l’ANDRA indique qu’elle a récupéré en plus de 300 têtes de paratonnerres au radium. Elle présente également les lieux d’entreposage des paratonnerres récupérés (une vingtaine de sites) puisqu’il n’existe pas aujourd’hui de filière d’élimination de ces sources.

Eléments de radioprotection

Les paratonnerres ont une activité unitaire variant entre quelques MBq et quelques dizaines de MBq. La matière radioactive se présente sous forme de plaquettes, feuilles, billes de porcelaine. A la fabrication, ces sources pouvaient être considérées comme scellées. Du fait de leur exposition directe aux intempéries pendant plusieurs années, les matériaux sont susceptibles de se dégrader et le confinement de la radioactivité ne peut plus être garanti. En effet, lors d’opérations de récupération et de démontage, il a été constaté une dispersion de la radioactivité. Il a pu également exister des incidents de contamination. Dans sa brochure, l’ANDRA met d’ailleurs en garde contre les risques d’exposition externe dus à une présence prolongée au contact des parties radioactives, mais aussi contre lesrisques d’exposition interne en cas de détérioration de la partie radioactive.

Quelques grandeurs

  Ra226 Am241
Rayonnements alpha : 4,6 MeV, 4,7 MeV
gamma X : 186 keV
électrons : 186 keV
alpha : 5,5 MeV
gamma X : 60 keV
Période radioactive 1600 ans 432
Coefficient de dose par inhalation (Sv/Bq) 3,5.10-6 4,2.10-5
Coefficient de dosepar ingestion (Sv/Bq) 2,8.10-7 2.10-7
Coefficient de dose externe peau si contamination de la peau (mSv.h-1/kBq.cm-2) 4,8.10-2 1,95.10-2
Débit de dose externe à 0,3 m d’une source ponctuelle nue (mSv.h-1/MBq) 6,3.10-5 (peau)
1,3.10-5 (organisme entier)
0 (peau)
1,49.10-4 (organisme entier)